Saison
2017-2018

Danielle Lebrun


Un ami, touché par le plaisir d’écrire des textes et de les jouer, avait fait la démarche d’entrer à l’Académie de Berchem-Sainte-Agathe. Un jour, il m’a asséné : « Ca y est, je t’ai inscrite au cours de Mademoiselle Munter ! Tu commences demain ! » J’y ai fait trois ans ! La Crécelle, la troupe d’amateurs de cette Académie, cherchait une « femme-de-trente-ans » et, nantie seulement de ma première année de cours, je me suis retrouvée à jouer « la méchante maîtresse » dans Blaise. Le choc : je devais rassembler le peu que j’avais appris, pour en sortir au milieu d’un tas de gens tout à fait aguerris dont Nathalie Stas, qui fait maintenant une belle carrière professionnelle, déjà en germe à l’époque. Finis les conseils d’un professeur rien que pour vous dans une scène rien que pour vous. Je ne savais même pas dans quel sens… me retourner !

L’Escapade, c’est parce que j’ai rencontré le metteur en scène Pierre Dumaine dans… le bus. Il m’a dit que l’on cherchait une dame pour Un meurtre est annoncé et l’on a bien voulu de moi ! C’était il y a neuf ans déjà.

Tous les rôles laissent quelque chose, mais celui que j’ai adoré, c’est celui de la tante Marina dans Les rustres : la « mama » dans toute sa splendeur, tendre , bavarde, calculatrice, mais un volcan de colère quand son rustre de mari veut la garder à la maison. Toute l’Italie que j’aime ! Et jouer en costume du XVIIIe ne gâtait rien ! J’aimerais d’ailleurs reprendre ce rôle, un jour, à L’Escapade, tant que mon âge me le permet encore... Par contre, un souvenir angoissant fut, quand j’ai été obligée de chanter, seule, à un balcon, dans L’assemblée des femmes. La peur de rater à chaque représentation !

Un spectacle professionnel qui me revient, en bon souvenir : Silence en coulisses ! au château du Karreveld. Les gens riaient tellement qu’au troisième rang, il était parfois difficile d’entendre ce que disaient les comédiens ! Délirant, évidemment parfaitement joué, époustouflant de rythme, de talent et de précision millimétrée dans les entrées. Inoubliable. La preuve !

Le théâtre, pour moi, c’est être, à l’exagération, ce que l’on n’est pas dans la vie et trouver la posture, le ton, les tics parfois qui disent le personnage.

C’est aussi une machine à plaisir : celui de travailler avec des gens qu’on aime bien, d’arriver à donner corps à quelque chose qui, avant, n’existe pas de la même façon et de faire cadeau au public de ce bonheur en le partageant.


Un meurtre est annoncé
Coiffure pour dames
Mais n'te promène donc pas toute nue ! - Léonie est en avance ou le mal joli
Trop tôt pour manger les pissenlits par la racine
Les portes claquent
Le voyageur sans bagage
C'est encore mieux l'après-midi
Piège pour un homme seul
Soleil de minuit
La souricière

Théâtre l'Escapade • Place de l'aurore, 2 - 1070 Anderlecht • Tél.: +32 (0)67 21 75 00