Depuis vingt ans, je tiens le rôle d’enseignant à Anderlecht. Une performance quotidienne, sans entracte, avec pour décor une salle de classe et pour public des élèves parfois plus imprévisibles que des critiques de théâtre. Et voilà qu’un jour — bien avant que le monde ne se mette à tousser — j’ai été frappé par un autre virus : celui du comédien. Contagieux, tenace, et ô combien délicieux.
Mais en vérité, ce goût pour la scène ne m’est pas tombé dessus comme un décor mal fixé. Il était là, tapi dans l’ombre, attendant son moment de gloire. Enseigner, jouer… deux arts cousins, deux manières de captiver, de transmettre, de vibrer.
Ce que j’aime, ce n’est pas seulement le trac du lever de rideau, c’est le ballet des répétitions. Ces mois où l’on bafouille, où l’on oublie ses répliques, où l’on se corrige avec tendresse et où l’on rit jusqu’à en pleurer. On partage des repas, des anecdotes, des silences aussi. C’est là, dans ces instants suspendus, que naît la magie.
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